APRÈS, ON VA OÙ? - Michel Rivard

 

APRÈS, ON VA OÙ?

 

Après, on va où? Cette question, on vient tous à se la poser tôt ou tard. Avec son talent d’écrivain et de compositeur québécois, Michel Rivard nous a livré, en automne 2025, un nouvel opus où apparaissent les questions liées à la mort, à l’au-delà et à Dieu. Au cours de sa carrière  de plus de 50 ans, il a déjà abordé ces sujets.
Dans Le blues de la métropole : « Même Jésus-Christ a embarqué mon ancienne blonde dans son troupeau »; et dans Je voudrais voir la mer : « Je voudrais voir la mer et danser avec elle pour défier la mort ».

 

Après, on va où?

Ici, de manière toute respectueuse, toute douce et honnête, Michel Rivard nous fait part de ses incertitudes et de ses questionnements.

Après, on va où?

On y va comment?

Qu'est-ce qu'on

rapporte avec nous?

Qu’est-ce qu’on laisse aux vivants?

Cette pièce, toute simple, Après, on va où? donne le ton à tout le disque. C’est d’ailleurs le titre que l’auteur lui a donné. Le questionnement sur l’après-vie, sur la Vie après la vie. Le où? Le comment? Le quoi?

À l’ombre dans le désert

À l’ombre dans le désert, laisse entrevoir la quête viscérale de l’oasis, pourrions-nous dire la quête de l’Éden perdu.

 

 

on cherche tous un sens unique

un feu qui vire au vert

un oasis[1] ou respirer

à l’ombre dans le désert

Le psalmiste biblique, il y a quelques millénaires, a parlé du repos au milieu du désert :  « Il fendit des rochers dans le désert, Et il donna à boire comme des flots abondants. » (Ps 78.15) Ce repos, cette vie, auxquels aspirent nos âmes, c’est Dieu qui les donne.

 

La fabrication des fleurs sauvages

J’aime bien La fabrication des fleurs sauvages. Mon père Roger a été, toute sa vie durant, fleuriste – principalement à Montréal, dans les boutiques de détaillants (Jules d'Alcantara, Valois) et aussi chez un grossiste (Hurtubise). Combien souvent, il nous amenait, moi et ma famille, au Jardin Botanique de Montréal où il avait également travaillé au cours des années70.  D’autre part, de mon côté, il semble qu'un goût préférentiel pour la nature sauvage s'est graduellement implanté en moi. Une fleur qui pousse dans les fissures d’une roche etc... C'est pourquoi ce chant de Michel Rivard me rejoint profondément.

Pour fabriquer une fleur sauvage

ça prend des siècles de patience, des millions de saisons

des troupeaux de nuages, des escadrons d’abeilles

des étoiles infinies, aux confins de l’azur

des volcans des crevasses, des rivières de tendresse

des océans fâchés

[…]

pour fabriquer une fleur sauvage

ça prend de l’amour en liberté

dans le fracas de l’univers

 

Nous pouvons observer ici, l’habile juxtaposition des opposés : les innombrables quantités d’éléments nécessaires en vue de la création d’une « fleur sauvage », « l’amour en liberté » et le « fracas de l’univers ». La réunion de ces opposés exige une sagesse gouvernante et artistique, une sagesse divine qui, à mon sens, se discerne en filigrane dans ce texte.

Tu ouvres ta main,
Et tu rassasies à souhait tout ce qui a vie.
17 L’Éternel est juste dans toutes ses voies,
Et miséricordieux dans toutes ses œuvres
. (Ps 145.16,17)

 

À la ligne antépénultième de cette pièce, on retrouve ce que l’on pourrait voir comme une allusion biblique :

« pour fabriquer une fleur sauvage

ça prend le temps que l’temps nous donne

mais le temps n’attend personne

ne soyons pas trop sages,

fabriquons-nous une fleur

sauvage »

 

Cette mention de l’excès de sagesse, me semble être une référence au livre de l’Ecclésiaste :

« Ne sois pas juste à l’excès, et ne te montre pas trop sage » (Ec 7.16)

 

Être « trop sages », dans le contexte biblique, consiste à s’attacher au formalisme, au légalisme, à l’ascétisme et à un excès de pureté morale teinté d’orgueil. Dans le texte de Rivard, cela semble faire référence à un perfectionnisme excessif tuant la spontanéité naturelle qui produirait cette « fleur sauvage ».

D’une part, nous voyons, dans ce texte,  la beauté artistique du long processus que la nature prend pour concocter cette fleur, d’autre part, on y valorise la simplicité et le caractère sauvage de cette fleur.

 

Magnolia Magnolia

Dans ce morceau, l’auteur parle de la brièveté de la vie :

 

«  moi j’ne tiens qu’à un fil

magnolia magnolia »

Le fil de la vie, le « cordon d’argent » (Ec 12.6), fait allusion à cette fragilité et brièveté de la vie. Comme le chantait Luc de Larochelière : « la vie… est si fragile ».

 

Parlant de la fin de la vie, et de l’au-delà, il se demande, dans son refrain :

serai-je un oiseau / ou un arbre comme toi? / magnolia / ou un rien pantoute

/ flottant dans l’au-delà?

C’est, selon l’auteur, la possibilité soit de la réincarnation (hindouisme, nouvel âge), soit de la non-existence et de l’annihilationisme (nihilisme, athéisme).


 Avec un certain recul, Michel Rivard se revoit, dans sa jeunesse, en tant que servant de messe,
« dans ma soutane blanche », « j’ai déjà cru en dieu ». Puis, le constat de la défection actuelle des églises : « aujourd’hui les églises / sont à vendre / peux-tu croire / que j’me cherche un mystère / magnolia magnolia .

En fait, ce qui se dégage de ces paroles, ce n’est pas l’agnosticisme, car alors, ce serait l’affirmation qu’il est impossible de connaître la vérité sur l’au-delà, mais plutôt une interrogation, comme nous l’avons dit d’entrée de jeu.


CONCLUSION

Ce qui rend ces textes plus accessibles à un croyant chrétien, plus conviviaux, c’est que tout est dit sous la forme d’un questionnement et non sous la forme brutale d’une négation de l’au-delà (« Le dernier show », Les cowboys fringants) ou d’une simple affirmation de l’inexistence de la vie post-mortem (« Une chance qu’on s’a », Jean-Pierre Ferland) ou encore d’une suggestion de cette inexistence (« Imagine », John Lennon).

Il est normal de se poser des questions. La vie est truffée d’énigmes. Face à notre insatisfaction avec cette vie-ci, l’auteur et apologète C.S. Lewis l’a expliquée ainsi :

Si je trouve en moi un désir qu’aucune expérience

dans ce monde ne peut satisfaire,

l’explication la plus probable est que

j’ai été fait pour un autre monde[2].

Michel Rivard est actuellement en tournée pour présenter son nouveau joyau, Après, on va où? Peut-être vous posez-vous des questions semblables, et c’est tout à fait normal. Sachez que Jésus, il y a plus de 2000 ans a déclaré : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort. » (Jean 11.25). Voilà la bonne nouvelle de l’Évangile. En découvrant le message de cette bonne nouvelle, vous découvrez la réponse à cette question :

« Après, on va où? »

André Pinard

 



[1] « un [sic] oasis »… une oasis.

[2] Citation de Fondements du christianisme, tiré de https://www.reveniralevangile.com/il-etait-fait-pour-un-autre-monde-biographie-de-c-s-lewis-1898-1963/.

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